Quelque chose commence
entre les lignes de la main
quelque chose
comme une guitare
au cœur léger
aux cordes sensibles
aux mèches noires
Quelque chose
comme une maison invisible
sans murs ni fenêtres
mais avec un feu à l'intérieur
que l'on se passe
de main en main
On dit que les guitares allument
des lucioles au fond des yeux
et quand nous sommes des rois mages
nous les prenons pour des étoiles
que nous suivons
sur nos chameaux et sur nos dromadaires
quelque chose commence
entre les lignes imaginaires
et dans les lignes imaginaires
la guitare accroche ses notes
qui parfois nous chavirent le cœur
Alors nous partons
sur nos chameaux et sur nos dromadaires
nous croisons des chevaux arabes
et d’étranges personnages
de carton de lumière qui
la nuit donnent des fêtes
pour éclairer nos vies
Le ciel déroule sa toile peinte au dessus de nous
dans les villages seules les églises sont éclairées
tintements des grelots
les cahots du chariot
on entend
la musique
de la mer
Certains de nous
sont faits d’un bloc d’étoile
tombé du ciel
d’autres sont pétris dans la glaise
d’autres encore sont les fils du vent
d’autres enfin on ne sait pas
peut-être
sortis de la mer
ou plus simplement fils de loup
fils de tigre ou de merle moqueur
peu importe
la lune est leur amie
la même lune pour tous
et les étoiles les bordent
dans leur lit d’herbes folles
J'ai souvent dit ce poème dédié à la commedia dell' sarthe en début de récital.
/image%2F0021079%2F20171229%2Fob_47911d_bookcoverimage.jpg)