Si je devais me reprendre un chemin
je choisirais celui du soleil
toujours gai
parmi les cailloux et les ronces
J’honorerais sa clarté ombrageuse
je la porterais à ma voix
et j’emmènerais des seaux de lucidité
là où la peur éloigne la connaissance
et j’arroserais de lumière
les puits boueux de la conscience
je ne serais que voix que parole que furie
si je marchais dans les pas du soleil
et le vent serait mon seul terrible frère
Nous avons dit nos peurs
nous avons dit notre compassion pour le monde
Si les murs de l’ombre ont reculé
nous avons dit nos peurs
Quand l’été plongeait dans la mer
comme une grande mouette bleue
quand tu regardais l’ultime soleil rouge
prendre son bain de sang sur la terre
tu écoutais le soir venir avec son chant d’Espagne
et ses voix de velours
et les fontaines se rassemblaient autour des cercles de guitare
le figuier parfumait la fraîcheur des paroles
inexorablement le rouge virait au noir
comme le vin
et portait l’estocade au taureau de la nuit
En attendant la solitude, la lueur et le sombre
comment montrer ce que nous sommes aujourd’hui ?
B Gueit (03.98)
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