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HOMERE NOUS A LAISSE BEAUCOUP PLUS Q’UN TRESOR
(Saynète en tro
is actes)

Le peuple grec
Le premier ministre
La troïka
Le conseil européen
L’opinion européenne

Acte I-Un changement est possible

Scène 1-Election d’un nouveau parlement et d’un nouveau gouvernement en Grèce.
Scène 2-Le peuple espère, mais reste vigilant.
Scène-3 Le peuple souffre.

Acte II-Négociations

Scène 1- le bal des faux culs
Scène 2- Ce que veut le premier ministre pour son peuple, la réponse de la Troïka
Scène 3- Le conseil Européen sermonne Tsipras, « Nous sommes tout proches d’un accord. »

Acte III- Le dénouement

Scène 1- Tsipras décide du référendum
Scène 2 : Scène 2-On n’y voit pas clair, ça enfume de partout, l’opinion hésite
Scène 3 : Une journée particulière

Acte I-Un changement est possible

Scène 1-Election d’un nouveau parlement et d’un nouveau gouvernement en Grèce.

(La scène se passe le soir, dans un appartement d’Athènes)

Le peuple Grec

Ca y est nous l’avons fait malgré les mises en garde
Aujourd’hui c’est le monde entier qui nous regarde
Les journaux les télés n’ont qu’un mot à la bouche
Le peuple se rebelle contre ceux qui l’étouffent.
Tu es vainqueur Tsipras et n’oublie jamais ça
Sans le peuple au front haut tu n’existerais pas.
Regarde ce beau ciel bleu admire ta belle Hellène
De l’Europe aujourd’hui c’est peut-être la reine
Car elle a n’a plus peur des donneurs de leçons.

Le premier ministre

Et moi sais-tu dans quel esprit je suis, Garçon ?
Viendras-tu avec moi quand il faudra là-bas
Parler comme je l’ai fait sur la place Syntagma ?
Connais-tu la dureté de leur cœur technocrate
Qui méprise les élans des âmes démocrates ?

Le peuple Grec

Ne boudons pas notre plaisir Tsipras
La vie est courte, tu le sais bien, hélas
La victoire est à nous, il faut en profiter
La jeunesse est si lasse de n’avoir rien fêté
Nos yeux pleurent, nous dansons et l’ouzo coule à flots
Ce n’est pas tous les jours qu’on trouve son voisin beau !

Le premier ministre

Amuse-toi, bon peuple, tu l’as bien mérité
Les maîtres de l’Euro ne t’ont que trop saigné
Quant à moi je suis prêt et mes ministres aussi
A mener la vie dure à l’odieux FMI
J’ai pour moi la confiance en la raison, je crois
En la démocratie, aux peuples, pas aux rois
Je n’ai peur de personne et je crie « vive la terre »
En serrant dans mes bras l’humanité entière.
Mais je sais le combat inégal. Qui sommes-nous,
De pauvres bergers grecs agressés par des loups ?
Que peuvent, nos héros, nos temples, nos statues
Contre les créanciers qui accusent et qui tuent
Petits-enfants nous sommes devant ces messieurs- dames
Qui incarnent la mort et nous la vie, quel drame !
A l’aide Athènes, à l’aide viens au secours de ceux
Qui croient encore en toi et à ton beau ciel bleu !


Le peuple grec

Nous n’allons pas mourir, Tsipras, ce bateau ivre
De L’Europe nous doit tout, son nom, nous allons vivre
La raison va tonner, le cœur fera le reste
Les peuples écarteront cette marche funeste
Vers l’absurde, le néant du vivre et du penser
Sacrifiés sur l’autel d’une fausse monnaie
Des paroles entendues de coquins sont mensonge
Qui accusent la Grèce d’un mal qui les ronge
Qui doit l’argent à qui ? C’est le peuple ou les banques
Qui ont perdu l’argent qui aujourd’hui nous manque ?
Qui étrangle le monde dans le nœud de la crise
Qui a contre la vie dévoilé sa traîtrise?
C’est le peuple, dis-moi, c’est le peuple, non,
Ce n’est pas lui, le peuple les gens sans nom
Qui vivent en silence qui regardent la mer
Qui aiment autant la Grèce qu’ils aiment leur propre mère
C’est pour eux que tu iras fils d’Ulysse à Bruxelles
Dire contre quoi ton peuple aujourd’hui se rebelle
Périclès, lève- toi, lève-toi vieux bonhomme
Allons montrer, à tous, enfin, ceux que nous sommes !

Le premier ministre


J’irai, peuple, j’irai, crois-tu que mon destin
Serait de m’arrêter en aussi bon chemin ?
Je vous ai entendus sur la place Syntagma
Vous tous, chantant, criant, levant très haut vos bras
C’était comme les vagues d’une très grand houle
Tous ces drapeaux d’Hellène agités par la foule.
Nous étions tous ensemble c’était un moment fort
Cela suffira-t-il à renverser le sort
Qu’FMI BCE Commission nous préparent
Dans le maffieux secret des limousines noires ?
Je n’en sais rien, vois-tu, seul le combat est sûr
La victoire incertaine, j’ai devant moi un mur
Il me faut le franchir
Je promets devant tous de ne pas vous trahir !

Scène 2-Le peuple espère, mais reste vigilant.

(La scène se passe, le matin, sur la place Syntagma)

Le peuple grec

Seul, la place désertée, le soleil qui se lève
Nous fait un signe. Avons-nous fait le rêve
D’un bateau accostant au Pirée, est-ce l’espoir
D’une vie meilleure, d’une vie oh j’ai peine à le croire
D’une vie quoi, comme il n’en faudrait qu’une
Pour passer tel le vent et vivre sans aucune
Amertume ni regret ni chagrin ni remord
Le temps à parcourir d’ici jusqu’à la mort.
Oui j’espère cette vie comme un nouveau départ
Qui donnerait sa chance à chacun de pouvoir
Etudier rire boire chanter peindre comme aimer
Autant qu’il lui plaira de l’hiver à l’été.
Le travail deviendrait passionnant et facile
Car en accomplissant tant de choses utiles
Chacun travaillerait chacun serait payé
Et tous seraient dotés des mêmes libertés.
Est-ce trop ambitieux pour ces hommes capables
D’envoyer dans l’espace tant d’engins formidables
D’imaginer sur terre quelques calculs savants
Permettant à chacun de vivre décemment ?
Voilà je suis le peuple je ne suis pas docteur
Mais j’ai pour bien comprendre le monde un grand cœur.
Je sais qu’on a tendance à me prendre pour débile
Quand du futur j’écris une trace sensible
C’est moi qui tiens la main gauche de l’avenir
Je voudrais vivre en paix ne plus jamais haïr
Ni les Dieux ni les hommes et m’inspirer des femmes
Pour rendre courageux et mon cœur et mon âme.
Allons peuple courage nous sommes à quelques pas
De gagner, sois sans crainte, fais confiance à Tsipras !
Un peuple que l’on a déçu, trompé, trahi
Devrait-il faire confiance soudain à celui-ci ?
Il faudrait pour que vive enfin la République
Moins de politiciens et plus de politique !
Enfin nous sommes joueurs le peuple est sans mémoire
Et change du tout au tout entre matin et soir !
Va pour Tsipras ! Qu’au nom de son peuple rebelle
Il parle d’une autre Europe à Angela Merkel !
Mais que chacun le sache et l’entende là-haut
Le peuple a trop souffert pour lâcher le morceau !



Scène 3-Le peuple souffre

(La scène se passe dans les rues d’un quartier populaire d’Athènes, d’où on aperçoit le Parthénon)

Le peuple grec

Athéna, O antique déesse, regarde notre misère
Regarde ce qu’ils ont fait à mes sœurs et mes frères
Et nos pauvres parents ne peuvent plus nous aider
Eux qui ont déjà les leurs à supporter !
Cela n’a pas suffi de baisser les retraites
ils voudraient maintenant qu’on rembourse une dette
Dont nous n’avons jamais vu la moindre couleur
Dont nous serions la cause comme de tout ce malheur !
Qu’allons- nous devenir sans un euro en poche
le peuple est accablé de tous ces vains reproches
Condamné à finir comme ces pauvres gens
Qui s’échouent sur nos côtes, qu’on appelle migrants ?
Au fait, où sont passés les donneurs de leçons
Au pied du mur l’Europe n’est pas un bon maçon
Qui les aide à Calais, Lampedusa, Lesbos,
Ces fuyards magnifiques, courageux, tous ces gosses ?
Ce sont les braves types ouvriers, pêcheurs d’hommes
Plus important le cœur que la frontière en somme.
Le peuple souffre, voilà tout le mal qu’il a fait !
Pas assez, il doit payer plus cher son électricité !
Il doit se sacrifier se serrer la ceinture
Athéna, toi au moins tu vois ce qu’on endure ?
Mais qui doit décider du sort de nos cités ?
De la démocratie les bases sont oubliées !
Que cela change vite, nous ne pouvons attendre
La Troïka est dure, le peuple grec est tendre !

Acte II-Négociations

Scène 1- le bal des faux culs

(La scène se passe dans un grand bureau à Bruxelles, où sont assis les membres de la Troïka, Tsipras reste debout)

La Troïka

Ah vous voilà Tsipras quel bon vent vous amène !
Alors de bonnes nouvelles de votre belle Hellène ?
Un vrai plan de rigueur, comme nous les aimons tant
Assurant l’avenir de tous les possédants
Et mettant tous les autres où vous voudrez les mettre
Car bien sûr de la Grèce vous en restez le maître
Pour budgétaire que soit notre orthodoxie
Elle laisse la champ libre à la démocratie
Voyez mon cher Tsipras, les peuples sont magnifiques
Mais ne comprennent rien à l’art des politiques
C’est pourquoi il est bon de toujours expliquer
Ce qui pour nous est simple comme la loi du marché
Ou la loi du plus fort mais comme le peuple oublie
Il faut le répéter comme une litanie
Il faudra vous y faire c’est un petit effort
Marquez dans votre tête : le peuple a toujours tort !

Peut-être pour comprendre un exemple vous manque
Avez-vous déjà vu le peuple aimer les banques ?
Vous voyez c’est une preuve. Vous en faut-il une autre ?
Bien que celle-là suffise, je comprendrais que votre
Cœur de grec, d’aède, ait besoin d’un soutien
Pour hisser sa pensée au rang qui est le mien.
Un autre exemple donc : pourquoi les travailleurs
Payés pour travailler voudraient que leur labeur
Soit mieux rétribué ? Travailler cela suffit
Le peuple ne comprend rien à notre économie !
C’est pourquoi n’ayez de cesse de lui dire
Ecoute peuple, cela pourrait être bien pire !
Depuis longtemps déjà tu n’as plus les moyens
De vivre comme tu vis et si tu ne fais rien
Pour t’adapter au monde qui réclame tes efforts
Tu vas t’éteindre un jour comme les dinosaures !
Tsipras, mon bon ami, car vous êtes notre ami,
Nous, BCE, Euro group, FMI,
Bien sûr que vous devrez, vous paierez votre dette,
Mais il ne faudra pas rester ce que vous êtes
On va vous expliquer nos conseillers sont là
Pour vous changer la tête mon bon petit Tsipras
Les milliards on s’en fout on en a tant qu’on veut
Super Mario les fait entre midi et deux
Mais votre politique et vos idées bizarres
Faites nous le plaisir de les mettre au placard
Et votre peuple avec. Ce n’a que trop duré
Il est temps de siffler la fin de la récré !

Scène 2- Ce que veut le premier ministre pour son peuple, la réponse de la Troïka

(La scène se passe dans le même bureau, on aperçoit à travers les vitres les façades vitrées d’établissements bancaires prestigieux)

Le premier ministre

Mesdames , Messieurs, mes très chers créanciers, bonjour
Au nom du peuple grec, je parle sans détour
J’entends dans vos propos plus qu’une mise en garde,
C’’est une mise au pas qu’exige Mme Lagarde
Et vous, qui derechef lui emboitez le pas
Méfiez-vous de la force d’un Alexis Tsipras
Vos modèles sont tellement inspirés par les banques
Où le fort est celui qui a un compte en banque
bien garni et le pauvre voué aux gémonies
que vous ignorez tout de la démocratie
Vous êtes persuadés de gouverner le monde
alors qu’autour de vous il menace et il gronde
Ma force je la tiens de mon peuple si fier
De vous avoir offert un peu de sa lumière
C’était il y a longtemps mais cela dure encore
Homère nous a laissé beaucoup plus qu’un trésor
Une certaine idée de l’homme de sa grandeur
Qui même en haute mer ne doit pas avoir peur
Vous pouvez bien chanter libérales sirènes
Mon cœur reste attaché au mât de mon Hellène.
Puisque sur ce terrain vous me cherchez querelle
J’ai dit que les réformes se feraient mais que celles
Exigeant du peuple un prix démesuré
Me trouveront sur leur route, prêt à me faire tuer !
Comment sans honte aucune, misérables nantis
Vous osez reprocher d’un grec son train de vie
Quand seulement d’un jour vos rémunérations
Pendant un an pourraient faire vivre sa maison.
J’ai un plan, le voici, je le crois raisonnable
Il demande à chacun un effort équitable
Le plus aux possédants,
Le moins aux pauvres gens.

La Troïka

Nous allons l’étudier ? L’avez-vous bien chiffré ?

Le premier ministre

Me prendrez- vous toujours pour moins qu’un demeuré ?
Il est chiffré, Monsieur, par la Grèce de son sang
Soyez à son égard un peu moins arrogant
Prenez conscience aussi que toute humiliation
Finit après les larmes par une révolution.

La Troïka
Vous menacez Tsipras ? On pourrait vous faire taire !

Le premier Ministre
Est-ce une bonne idée que d’enfermer Voltaire ?

La Troïka
Restons en-là, Tsipras, ça pourrait déraper
Sur les réseaux sociaux sur le champ tout se sait
Pour donner toute sa chance à la négociation
Entourons de secret toutes nos discussions.

Le premier Ministre
Faites comme il vous plaira, moi je suis transparent !
Le peuple n’est pas dupe, il sait quand on lui ment.

La Troïka
Nos experts vont scruter votre plan de relance
Sachez, Mon cher Tsipras, c’est votre dernière chance !

Scène 3-Le conseil Européen sermonne Tsipras, « nous sommes tout proches d’un accord. »


(La scène se passe dans une immense salle de réunion. Les chefs d’état, pour la plupart, dorment ou ressemblent à des cadavres. Derrière eux, les conseillers beaucoup plus nombreux s’agitent autour des ordinateurs portables et des téléphones)

Le conseil Européen

Entrez Tsipras, entrez, vous êtes ici chez vous
Chef d’état, à l’égal de chacun d’entre nous
Quoiqu’un peu différent, est-ce votre jeunesse
qui exige de vous de tenir vos promesses ?
Voilà bien une affaire ! Pensez-vous que nous autres
Soyons préoccupés d’être fidèles aux nôtres ?
Vous finirez un jour par suivre notre avis
Et méfiez-vous du peuple : il n’est pas votre ami.
Voyons ce plan, Tsipras, qu’en disent les experts ?
Le compte y est, n’y est pas, qu’est-ce que ça peut bien faire ?
Il faut montrer des signes, que vous êtes avec nous
Ce n’est pas seulement une affaire de gros sous
C’est plus profond que ça, il s’agit de frontière
Qui gêne au plus haut point le monde des affaires
En faisant croire au peuple qu’il pourrait être roi
Vous nous avez plongé dans un bel embarras !
Ça sonne de partout les financiers s’inquiètent
« Mais qui lui a foutu ces idées dans la tête ? «
Il faut une fois pour toutes que le peuple comprenne
jamais O grand jamais on lui donnera les rênes
Mais qu’est-ce qu’il veut Tsipras, de l’argent, du pouvoir
On peut lui en fournir, qu’il vienne donc nous voir
Voilà ce que nous disent tous les maîtres du monde
sachant qu’ils nous appellent toutes les dix secondes !
Cessez de faire l’enfant Tsipras écoutez-nous
A la corde du peuple vous laissez trop de mou
C’est là que le bât blesse, vous devez être fort
A ce prix seulement nous signerons l’accord.
Nous entérinerions volontiers votre plan
Si vous l’assortissiez de quelques compléments
Taillez dans les retraites, soyez plus réalistes !
Et augmentez vos taxes, nous vous donnons des pistes
Qui seraient agréables aux milieux financiers
Devenez raisonnable, prônez l’austérité !
Vous ne répondez pas Tsipras, vous approuvez !
Vite rameutons la presse, allons communiquer
Sortie de crise en vue, nous sommes proches d’un accord
La Grèce va se soumettre à la loi du plus fort !


Acte III-Le Dénouement
Scène 1-Tsipras décide du référendum

(La scène se passe dans un petit espace vert proche de l’immeuble de l’UE, des enfants jouent, Tsipras leur renvoie leur ballon)

Le premier ministre

Comment ces nouveaux riches parlent de mon pays
Arguments éculés puisés à Pompéi
Ils voudraient faire régner la loi des monopoles
En détruisant l’esprit soufflant sur l’Acropole
Ils injectent leur venin jusque dans l’opinion
Donnant à croire aux autres peuples qu’ils paieront
Mais ils payent déjà partout les peuples souffrent
L’austérité les pousse eux-aussi vers le gouffre !
Je vous implore Sophocle, Eschyle O mon bon Euripide
Aidez- moi à lutter contre ces gens cupides !
Face à leurs exigences et leur domination
j’ai urgemment besoin de votre inspiration
C’est une tragédie, ce n’est plus une farce
Il nous faut regarder les choses bien face
Et puisque l’on me mine le champ économique
Je vais me replacer sur le champ politique
Si la Grèce doit plier à un ultimatum
Je soumettrai leur plan à un référendum.

(29 juin 2015, Bernard Gueit)



Scène 2-On n’y voit pas clair, ça enfume de partout, l’opinion hésite


(La scène se passe dans un café sur la place d’une ville de Méditerranée. En sortant du bistrot, on aperçoit la mer. Nos trois Européens sont au comptoir)


L’opinion européenne

Qu’en penses-tu toi Marcel toi Dieter toi Paolo
Quelle tragédie se joue à propos de l’Euro ?
Et que faut-il penser de ce referendum,
Cet Alexis Tsipras, c’est un sacré bonhomme ?
Ou c’est un imposteur qui se paye notre tête
Et veut nous refiler le fardeau de sa dette ?
Mais Oui les Grecs ont toujours été comme ça
T’as beau dire, t’as beau faire tu ne te refais pas !
Degun qui paie l’impôt, tu fais ce que tu veux
Un jour ou l’autre, eh bé, tu n’as que tes beaux yeux
Pour pleurer. Regarde, c’est bien ce qui arrive
Quand tu laisses le pays filer à la dérive !

De la dette, ils en ont, je le conteste pas
Mais la France, c’est plus que 2000 milliard qu’elle a
De dette ou je déconne ? O Jeannot, la tournée
Et ressers l’Allemand, ça va le décoincer !
A la Nôtre ! Et toi Dieter on sait ce que tu penses
Tu trouves que la Grèce a bien trop de dépenses
Vous autres les allemands vous aimez la rigueur
Pas un poil qui dépasse ou vous faites un malheur
Y a rien à dire, tè ! car vous réussissez
C’est votre caractère d’aimer l’austérité !

Nein, Marcel, Nein, tu dékonnes à plein tube !
Tu devrais plus souvent aller dans nos winstub
Tu verrais que nous autres allemands germaniques
Sont kapables d’avoir une Konscience Kritique
Hein, il ne faut pas entendre qu’un seul son de cloche
Et quand il vient de ceux qui en ont plein les poches
On s’en méfie c’est tout ! Nous avons du chômage
Nous ne faisons pas d’enfant C’est vraiment dommage
Pour l’avenir et l’immigration fait peur
En Allemagne, crois-tu que ce soit le bonheur
Pour tous ? C’est pas si simple, Marcel, Das ist hart !

Et toi Paolo, eh ! Quelle Commedia d’ell arte
Se joue devant nos yeux ? Mais qui est Colombine,
C’est pas Mario Draghi, le roi de la combine ?
La jolie colombine ? Ah non, c’est Scaramouche
Il ressemble à Strauss-Kahn tellement il a l’air louche !
Messieurs vous commettez un délit de faciès
C’est quand même pas plus grave qu’une vile affaire de fesses ?

Et le Dottore, c’est qui, c’est Madame Lagarde
Qui ne la baisse pas ou c’est Juncker regarde
Il lui ressemble, mon Dieu, comme deux gouttes d’eau
T’as raison, Mama Mia, on dirait des jumeaux
Et Pantalone et Pulcinella, Matamore et Le Capitan

Les voilà tous en scène et le temps d’un instant
On se transporte ailleurs au Théâtre italien
Une farce ! Une farce ! Coquins de comédiens
Vous nous avez bien eus ! Au café de la place
Les trois amis reprennent un pastaga sans glace
Et même si l’humeur est à la rigolade
Personne n’apprécie cette pantalonnade.
Ayant été témoin de cette discussion
Qui pourrait dire quel est l’état de l’opinion ?
Le oui joue sur la peur, le non sur les principes
Je vous confie l’énigme, je ne suis pas Œdipe.



Samedi 4 juillet an 15, vers 17 heures
Je pensais à la Grèce, le peuple aura s
on heure.

(Bernard Gueit)

Scène 3 : Une journée particulière (Dimanche 5 juillet 2015, le peuple Grec vote)

(La scène se passe dans les maisons, dans les rues, dans la tête des habitants d’Athènes, certains se la cognent contre les murs)

Le peuple grec

Il me faut décider, gouverner c’est prévoir
Qui sait où en sera La Grèce après ce soir ?
Je suis coupé en deux comme une grosse pastèque
La conscience aussi noire qu’une bonne olive grecque
J’ai deux bras deux yeux deux jambes et deux poumons
Quand l’un veut dire oui c’est l’autre qui dit non
Sous mon toit je crains bien qu’il en soit tout autant
Nous n’avons pas la même vision que nos enfants
Et même moi il m’arrive de douter tenez
il faut que je vous dise je peux changer d’idée
entre matin et soir parfois en moins d’une heure
Le cœur et la raison se battent contre la peur
J’irai voter oui non oui non oui non oui non
J’ai décidé j’attends encore un peu c’est bon
l’attente parfois comme lovée dans l’amour
Mais on ne peut pas rester à attendre toujours
Je les connais par cœur tous les bons arguments
Me sont-ils bien utiles pour faire mon jugement
Je suis pauvre je ne serai jamais riche
S’ils savaient du pognon o combien je m’en fiche
Je veux vivre c’est tout, vivre vous comprenez
Que m’importe après tout leur histoire de monnaie
De cet imbroglio pataquès j’ai compris
Qu’il y allait tout de même de la démocratie !
Au fond de moi j’entends mon cœur et ma raison
Qui battant la mesure me pressent de voter Non !
Mais la peur ressurgit venue de nulle part
Enfin peut-être pas ce n’est pas un hasard
Des médias je perçois de doctes voix rugir
Vote Oui si tu veux avoir un avenir.
J’en suis là ce dimanche 5 juillet à 16 heures

Que mon bulletin de vote éloigne le malheur !


Ecrit en temps réel aux jours les plus longs de l’an 2015
Bernard Gueit

J’ai écrit cette saynète entre le 20 juin et le 05 juillet 2015, pendant les 15 jours où la tension entre la Grèce et ses « partenaires » s’est exacerbée. J’étais touché par le fait que les événements qui se déroulaient sous nos yeux et sans que nous n’y puissions mai étaient mus par un ressort tragique.

Toutes les postures des protagonistes semblaient concourir à écrire une issue fatale, déjà connue, échappant à toute maîtrise humaine. Les hommes d’aujourd’hui sont confrontés à une terrible réalité que quelques cyniques parfois dévoilent, sans rien faire pour que change l’ordre des choses (d’aucuns n’ont pas compris que les matérialistes qui voient les choses prendre le pas sur les consciences ne s’en accommodent pas, pensant qu’ils préfèrent la matière à l’esprit !), qui est que rien n’est gouverné. Aucune des conséquences des décisions ou des événements suivant ces décisions concernant la Grèce ne peut être évaluée. La principale raison pour ne pas changer une politique est d’avancer qu’on ne sait pas ce qu’il pourrait advenir. C’est un terrible d’aveu d’impuissance, d’ignorance et qui démontre qu’on a confié le sort des peuples à une mécanique qu’on ne maîtrise pas. C’est très grave car si une humilité de l’être humain est tout à fait acceptable, pour ne pas dire souhaitable, chaque découverte étant la preuve par 9 de son ignorance précédente, le discours des experts expliquant pourquoi et comment il faut se soumettre à la machine économico-financière est insupportable.

Il ne faudrait pas prendre ce texte comme un soutien absolu aux thèses d’Alexis Tsipras et de son ministre de l’économie. J’ai pris les événements au fil de l’eau et tenté de montrer ce qu’il y avait d’humain là-dedans. Je ne savais pas, dans l’angoisse où se trouvait le peuple que je décris à la fin de la pièce, quelle serait l’issue du scrutin. Peu importe. Et je n’en connaissais pas les conséquences (voir plus haut !)

J’ai écrit le texte en vers mirlitoniens et seulement 5 personnages pour en faciliter le montage par quelque troupe que ce soit, amateur ou pas, qui voudrait s'en emparer, touchée comme moi par ces événements qui auront, vraisemblablement, encore beaucoup de résonance, dans nos vies, dans nos têtes et dans nos cœurs.

Bernard Gueit
07 juillet 2015

HOMERE NOUS A LAISSE BEAUCOUP PLUS QU'UN TRESOR
HOMERE NOUS A LAISSE BEAUCOUP PLUS QU'UN TRESOR
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