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La rivière coule dans ton âme comme un déversoir de Dieu. Après la chute, sa puissance mue en parole invisible du silence, rien qu’allusion et bulle de sanglot. Dans son lit, les herbes paresseuses se couchent dans le sens du courant. La rivière écorche le temps d’une blessure légère, une goutte de sang d’eau vive dont la tige rejoindra le soleil. Comment vivre au milieu des hommes ?

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Le pont, cette chose humaine, enjambe la rivière de 5 arches, petits mais solides. Pont romain dit le peuple, pont roman, disent les doctes. Combien de personnes sont passées sur ce pont, foule humaine, au cours des siècles ? Marchands, esclaves, amants, cavaliers, piétons, soldatesque ? On dit que Du Guesclin…La rivière en dessous est belle, très naturelle. Elle est là depuis beaucoup plus longtemps que le pont, lui-même très ancien. Elle est là et elle n’est pas là. Sa vie se joue d’amont en aval, c’est comme ça qu’elle viellit. Elle naît et meurt au même moment, mais pas au même endroit. En remontant, voici sa jeunesse impétueuse, ses hésitations, sa fragilité. Plus bas, elle a pris de la force et sait ce qu’elle veut. Le pont voudrait retenir le temps qui passe sous ses arches, entre ses jambes de pierre.Et la conserver pour toujours à lui. Mais elle veut vivre, il n’y a que lui qui vieillit et qui regarde le temps s’enfuir, à reculons. Nous en fûmes les témoins, quelques herbes vertes et moi, le 7 octobre 2006, à Asnières.

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Lors de la promenade du dimanche, le Saint nous accueille ainsi que tous les autres. Il porte un chapeau, une grande robe rouge ceinte d’une corde, un livre, peut-être un missel à la main. Il vivait, paraît-il, dans une logette de branchages. Avec sa statue, il a l’air en marche.

Dans la vallée usée de l’Erve millénaire, nous croisons les vaches, puis sur le chemin, au milieu des buis, les moutons noirs. Ce monde ancien de pierres, de grottes, de falaises nous émeut, nous en sommes les contemporains. Le bar est fermé. Si tu bois de cette eau, tu n’auras plus jamais soif car elle jaillira en toi comme la vie éternelle.

Poème du coin
Poème du coin
Poème du coin

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