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Je n’en suis pas absolument certain, mais il me semble bien avoir rencontré pour la première fois Christian Gorelli dans le sous-sol de la place des Comtes du Maine au Mans. Il y avait une galerie commerciale, un peu en jachère, laissant des espaces libres. Dans ce lieu étrange, Gorelli avait organisé un après-midi d’expression où des musiciens (dont Daunik Lazro, Philippe Duchemin) venaient jouer. L’opération artistique était aussi militante. Les gains, ventes diverses, ou droits d’entrée (y-en-avait-il ?), adhésions, étaient destinés à soutenir la revue Parole. Nous étions sans doute autour de septembre 81. La revue Parole « Parole et questions actuelles » était la seule revue uniquement consacrée à la poésie en Sarthe. Gorelli était arrivé au Mans en 72, de son Marseille natal. Militant culturel et politique (il exerça dans le département avant que je ne le connaisse d’importantes responsabilités au sein du parti communiste français), il avait animé des groupes de théâtre, avant de fonder avec des jeunes gens qui le suivaient la revue Parole.

Je n’ai pratiquement pas connu Philippe Rosier, j’ai eu quelquefois l’occasion de m’entretenir avec Bruno Houx. Cherchant d’autres voies, leur présence dans la revue commençait à s’estomper. J’arrivais de Londres. A partir de 79, j’ai commencé à faire plus attention aux manuscrits. Je les conservai. J’avais donc des textes à montrer. J’avais trouvé Gorelli sympa. Et puis il était marseillais, ce qui était sans doute un élément de rapprochement, même s’il me semble (je pense à ça en écrivant) que c’est vraiment l’échange que nous avons eu sur le sens que nous donnions à « Pourquoi écrire de la poésie ? » qui créa ce sentiment de proximité. Mis en confiance, je lui avais dit : "j’écris pour devenir meilleur" (plus conscient). Il me dit que lui aussi, il écrivait pour devenir meilleur. Nous avons échangé nos adresses, je lui ai envoyé des textes.Ainsi commença, dans un sous-sol d’une place au centre du Mans, une aventure qui dura plusieurs années et qui se déroula dans différentes villes et villages de France et pour Gorelli aussi à l’étranger : histoire de la revue, puis comme on a dit du « groupe Parole ».

La revue Parole qui se voulait trimestrielle avait déjà publié 8 numéros lorsqu’elle accueillit pour la première fois un de mes poèmes. Dès le départ, elle s’était rangée du côté d’une poésie vivante, en prise avec le réel et les questions actuelles. Utilisant un beau papier épais, cartonné, de couleur, elle avait une ligne graphique très simple, avec une mise en page soignée. Le beau titre P A R O L E était inscrit en diagonale de la couverture de bas en haut. Parole était imprimée sur les presses de Quick-Compo D.Poulard Imprimeur au Mans.

Subissant l’inflation des années 80 et aussi une évolution dans l’amélioration de sa présentation, son prix était de 5 francs pour le numéro 8 et de 10 francs pour le numéro 12.

Christian Gorelli publiait des poèmes des membres de P A R O L E, les siens, mais surtout cherchait des contributions et des signatures d’autres poètes qui avaient également ce souci d’une poésie de chair et de sang et qui apportaient de par leur renommée un certain prestige à la revue. Dans le numéro cinq, il y avait par exemple un poème de Max-Pol Fouchet et des textes de Guillevic.

Ma première contribution parut dans le numéro 9, dont le thème était Avenir et le motif « Autour de Lionel Ray ». Sur la quatrième de couverture, étaient présentés les poètes. Lionel Ray, agrégé de lettres modernes, professeur en classe de Khâgne au lycée Chaptal, à Paris. Membre du comité de la revue Europe et de la revue Action poétique. Présenté par Aragon dans les Lettres Françaises en 1970 et 1971. Puis la liste de ses œuvres, dont « Le Corps obscur » (Gallimard 1981). Lionel Ray venait d’obtenir le prix Mallarmé.

Il y avait aussi Hélène Cadou, femme de René-Guy, Jean L’anselme, un des trop rares poètes humoristes (La poésie est une question de tripes, mais à la mode de quand ?), Béatrice Kad, Pierre Autin-Grenier, Daniel Lacotte, Rene Maltete (un autre poète de l’humour), et Dagades, poète Sarthois, dont il faudra que je reparle. J’étais présenté, juste comme Bernard Gueit, jeune poète du Mans. Je ne pensais pas que j’étais un jeune poète, mais que ma poésie était traversée des troubles et des élans de la jeunesse. Je ne sais pas si la poésie empêche de vieillir ou si c’est parce qu’on ne veut dire adieu à sa jeunesse qu’on devient poète. A cette époque là, mon activité était discrète, pour ne pas dire secrète. Très peu de personnes savaient ce qui est toujours un grand secret pour celui qui écrit. Ainsi le blog, tout en étant public, parfois relève aussi du domaine du secret et se nourrit du silence entre les confidences. Les poètes écrivent des lettres d’amour. Qui se rend compte de l’effort que cela représente pour eux, dans ce passage « de la phrase au vers » (G Noiret), de porter cette incandescence du murmure de la nuit au grand soleil du jour ? Je ressens la même chose aujourd’hui au début du blog, la même émotion lorsqu’on m’en parle, que dans les années 80 : « Alors, comme ça, vous êtes poète ? ». Quand on est résistant, on cache ses armes, on ne se montre pas au grand jour. Il m’a fallu du temps pour affirmer tranquillement cette différence radicale, ces ailes de géant qui vous empêchent de voler comme tout le monde. Et pourtant cela n’a rien à voir avec la capacité de parler devant une foule, même hostile, cela m’est arrivé. S’engager dans l’écriture, c’est accepter définitivement de se couper du monde (de sa surface futile) pour mieux le comprendre. Mais le monde n’accepte pas qu’on se coupe de lui. Péché d’orgueil. Le poète est un scandale vivant, ça le dépasse, mais il ne sait jouer qu’avec le feu. Pour ceux qui parlent de retour sur investissement, il doit s’agir d’un investissement à très haut risque. Le poème qui portait bien son titre s’intitulait « J’ai Peur » Il faisait partie du recueil de poèmes que j’avais ramenés de Londres, sur un petit cahier à spirales et sous le titre peu imaginatif de « Poèmes de Londres ». Mais ce recueil était très important pour moi. Il avait réalisé la jonction entre les années de rêve (voir la page "comment on devient poète") et celles où j’aurais voulu rêver. Il fut aussi le véhicule par lequel une partie du rêve, mais pas la moindre, allait devenir réalité. Dans quelque temps, une partie du programme de la Mansarde « L’Art change la vie » pourrait se réaliser.

La suite au prochain numéro...

Le premier numéro de la revue Parole au Mans fondée en 1979 par Christian Gorelli, Philippe Rozier et Bruno Houx.

Le premier numéro de la revue Parole au Mans fondée en 1979 par Christian Gorelli, Philippe Rozier et Bruno Houx.

Le numéro 10 de la revue Parole, à la couverture bleue, portait à la boutonnière une citation d’Eluard :

Si l’homme doit mourir avant d’avoir son heure

Il faut que les poètes meurent les premiers .

C’était le trentième anniversaire de sa mort. Parole en ce premier trimestre de 1982, et dans la première année de la gauche au pouvoir, s’en souvenait. Autour de Gorelli, les poètes invités, Venus Khoury Ghata née au Liban, chroniqueuse littéraire, Francis Combes, à l’époque animateur de la revue Europe, Marcel Tavé, qui devait prendre la Direction du tout nouveau Palais des congrès et de la culture du Mans, Amina Saïd (Tunis) et Jean-Luc Champeaux (Sarthe). Ce souci chez le fondateur de la revue P A R O L E, de mélanger les voix des poètes issus d’horizons et de pays différents état déjà très présent et devait avoir une influence importante sur nos futurs travaux. Il y avait aussi cette exigence de lucidité dans le domaine de la vie quotidienne, du social, qui parfois s’échouait dans une poésie « militante », mais qui pouvait aussi, dans la dénonciation, vous déchirer le cœur.

Ainsi, ce poème (extrait d’extrait) de Francis Combes chanté écrit à partir d’un fait divers réel : la mort de froid et de faim, de Serge K, jeune chômeur, dans un hangar, près des usines Peugeot. (est-il écrit en prologue). Serge K est recroquevillé au fond de son hangar.

« Ô ce soir

il me faudrait garder

au moins un œil ouvert

mais il fait bien trop froid

et ma poitrine à ciel ouvert

est une cage

où s’épuise le vent

Les gaz d’échappement

ont envahi la rue

On ne peut plus respirer

laissez-moi m’en aller

hors de portée

des tueurs et des martons pilons

laissez moi oublier

l’ordre congélateur

et les hommes sans cœur

aux cerveaux asphyxiés

par les végétations

Un dernier biberon

bourré de neuroleptiques

c’est l’anesthésie

l’euthanasie du nouveau-né

La mort chemine en moi

compréhensive

comme une taupe

la mort

est une drogue douce

Je me tasse un peu plus

dans l’odeur du moteur

sous la caisse du camion

J’ai faim j’ai froid j’ai peur

et ne vous entends plus…..

Le vendredi 1er octobre 1982 fut une date charnière pour P A R O L E. Ce soir là, au tout nouveau Palais des congrès et et de la culture du Mans, « dans le vaste espace de l’Exposition Grau-Garriga, parmi les tapisseries, ont participé, à « La nuit de la poésie » les poètes Yvon Le Men de Bretagne, Serge Pey, de Toulouse, Francis Combes de Région Parisienne, Joël Sadeler du Maine, le musicien Philippe Duchemin et son Quartet de jazz, le comédien Pascal Larue, intervenant de plusieurs lieux, et le public, deux cent cinquante personnes, se déplaçant à leur rencontre jusqu’à 1 h du matin. » C’est en ces termes qu’en avant dernière page du numéro 12 de la revue C Gorelli retraçait la soirée. Et désormais, la revue allait beaucoup plus exister comme une trace d’événements poétiques qu’en tant que revue littéraire. Les poètes édités sont ceux ayant participé ou assisté à l’événement. Cette soirée fut celle d’une poésie debout, avec le très fort engagement oral d’Yvon le Men et de Serge Pey, et la lucidité de Francis Combes et Joël Sadeler. La nuit de la poésie avait été annoncée par une superbe affiche de Sylvie et Joël Jupin, que la revue arborait en couverture. Dans ce numéro de Parole où la ligne graphique avait évolué, on pouvait retrouver les poèmes d’Yvon Le Men « S’en aller sur un bateau au gré du vent et de la solde, planté entre l’immense et le pont. Avec de la toile et du vent, il naviguait. D’escale en en escale les êtres humains se partagent entre le bien et le mal car très souvent le paradis brûle en eux avec le feu de l’enfer. Personne n’échappe au vent contraire mais loin est le chemin qui mène au sommet. Au bout de la route, il y a souvent un étranger qui te ressemble…. » (Extrait) et des autres…

(la suite au prochain numéro)

Dans le numéro 12 de la revue P A R O L E , il y avait aussi Serge Pey avec des extraits de son livre à venir « Prophéties », édité aux éditions Tribu, à Toulouse. Les prophéties composées de 52 poèmes dédiés à Jim Morrison et Ezéchiel ont été retranscrites dans cette première édition avec l’écriture de Balbino Giner, ami de Serge Pey. Ce texte très fort, étape importante dans le travail de Serge Pey, en tant que poète chaman, en tant que passeur entre les univers visibles et invisibles, m’a fortement marqué par sa puissance. L’homme lui-même était impressionnant par sa radicalité et son engagement sans concession. Son rythme était tellurique et son effort semblait vouloir ramener dans le souffle le sens brut des mots derrière l’écorce de la langue.

Serge Pey a beaucoup de liens avec les poètes sonores, avec les indiens du Mexique. Il devait animer quelque temps plus tard l’atelier de poésie contemporaine à l’université de Toulouse-Mirail.

« Le Sommeil

sera la jonction

des chemins perdus

On communiquera

de Sommeil à Sommeil

Tes yeux

verront

car ils seront aveugles »

Il est l’auteur de nombreux textes dont certains en édition sonore

Poèmes hallucinogènes du Peyotl, éd. Lézard, 2002

L'enfant archéologue, éd. Jacques Brémond, 1997

La définition de l'aigle, éd. Jacques Brémond, 1997

La mère du cercle, éd. Travers, 1994

Pour libérer les vivants il faut savoir aussi libérer les morts, éd. Richard Meïer

Traité des chemins et des bâtons, éd. Terre blanche

Notre Dame la Noire ou l'Evangile du Serpent, éd. Tribu, 1988

Poème pour un peuple mort, éd. Sixtus, 1989

Couvre-feu, éd. Tribu, 1986

Prophéties, éd. Tribu, 1984

De la ville et du fleuve, éd. Tribu, 1981

La main et le couteau, Parole d'aube

Editions sonores dont :

Nous sommes cernés par les cibles, Serge Pey/ André Minvielle, 2002

L'évangile du serpent, Tribu, 1995

L'enfant archéologue, Artalect, 1987

Les diseurs de musique, Vandoeuvres

Allen Ginsberg/ Serge Pey/ Yves Le Pellec, éd. Tribu

1983 : l’année Poésie au Mans.

Cette année là, Jack Lang, ministre de la culture avait décidé que le 23 avril serait la journée nationale de la poésie. A partir de cette information, Christian Gorelli, encouragé par le succès de la nuit de la poésie du mois d’octobre 82, avait eu l’idée de décréter 1983 « Année de la Poésie au Mans ». Pour la communication, une affiche avait été réalisée par les mêmes graphistes, Sylvie et Joël Jupin, qui avaient créé celle de la « Nuit », un dépliant reprenant le dessin de l’affiche (des personnes marchant dans une atmosphère urbaine), enfin la télé régionale avait fait un reportage où on nous voyait notamment corriger l’orthographe de la plaque de rue dédiée à « Beaudelaire ». L’initiative conçue et réalisée par le collectif Poésie et la revue Parole restait sous l’animation de C Gorelli. Le programme de cette année poésie s’annonçait particulièrement riche. Le samedi 29 janvier à 21 h la Nuit de la nouvelle poésie française lançait le programme avec les poètes Vénus Khoury-Ghata, Gérard Noiret, Jean-Michel Maulpoix, Jean-Pierre Lemaire accompagnés de Paule D’Hériat, comédienne, Achille Awado, chanteur, Jacques Ferré, Guitariste. Le dépliant annonçait mystérieusement un invité surprise « le poète de 11 heures ». Le prix de l’entrée était fixé à 10 F, la soirée comprenait également une vente et signature de livres. La Nuit de la Poésie Française investit le Hall d’exposition du Palais des Congrès et de la Culture du Mans. Avec le recul, la venue de ces poètes au Mans en dehors d’un autre événement culturel important (24 heures du livre par exemple) représentait quelque chose d’exceptionnel. La soirée fut assez difficile en raison d’un concert qui se déroulait ce soir là dans la grande salle du palais, et bien sûr, la poésie ne pouvait pas rivaliser avec les watts. Le poète de 11 heures devait être Marcel Tavé dont le passage à la direction culturelle du palais des congrès et de la culture du Mans fut très bref. Dans le numéro 13 de Parole, il donna un poème « Une comptine du père Ubu » adresse ironique à son patron d’un moment. Cette année poésie, Christian Gorelli dans le poème qui ouvrait le numéro 13 de la revue, l’avait évoquée : « …Nous interviendrons dans l’instant, soufflant sur des brindilles….Nous métamorphoserons les pylônes. Ils sont l’alphabet de l’époque, ses cris et son discours. Traversent les passants Vous ne changerez la vie que si vous vivez l’échange » et ce à quoi mon poème répondait « On fera quelque chose, avec vos silences magnifiques, et mieux qu’un feu et mieux qu’un poème et mieux qu’un lit » Beaucoup d’autres manifestations étaient annoncées, mais avant de vous en parler, les poètes de ce 29 janvier méritent un petit arrêt sur image.

La galanterie voudrait que ce premier papier sur les poètes de la Nuit de la nouvelle poésie française au Mans le samedi 29 janvier 1983 soit consacré à Vénus KHOURY GHATA. Mais que la galanterie accepte qu’on désire garder le meilleur pour la fin, et l’étoile de Vénus ne se lèvera qu’au bout de la nuit. Je vais donc commencer par Gérard Noiret. (Le même que Philippe, moins les millions, disait-il) Je ne vous parlerai que du Gérard Noiret que j’ai rencontré cette journée et ce soir là. Très peu de temps, en fait. Depuis, il a fait beaucoup de chemin et si nous nous sommes recroisés (ce fut un animateur des 24 heures du livre, puis de la vingt-cinquième heure), nous avons peu collaboré ensuite. Ce dont je me souviens (bientôt un papier sur les souvenirs, depuis qu’en relisant l’étranger de Camus, je suis d’accord avec Meursault : « J’ai compris alors qu’un homme qui n’aurait vécu qu’un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenirs pour ne pas s’ennuyer. » ) Ce dont je me souviens, alors, c’est la rencontre avec une classe du Lycée Bellevue où Gérard, très tonique, très dynamique passionnait les élèves autour de la littérature. (Il était à l’époque Animateur au Service Municipal de la jeunesse à Bezons, dans les Yvelines.). Ce qui m’est resté dans l’esprit, aussi, et ô combien, on partage ça, c’était son trac de dire ses poèmes en public (cette émotion, cette peur –n’importe qui peut se lever et dire « arrête tes conneries – (Serge Pey), le fait qu’on s’expose entièrement, dans un acte qui n’a rien à voir avec un reality show-, mais qui est toujours à la limite de basculer. Le poète entre le sublime et le ridicule ! Et il ressentait ce trac d’autant plus fort que son activité militante pouvait l’amener à parler devant une foule sans trembler avec foi et conviction. Mais la poésie, c’est autre chose. Gérard nous avait un peu parlé de son histoire, qui joue un rôle important et structurant dans son itinéraire de poète et d’homme de lettres. C’est parce qu’il avait passé un concours de sténodactylo qu’on s’était rendu compte qu’il était bon en français. Son parcours, dans sa jeunesse, a été très lié à celui du parti communiste français et à ce que celui-ci a pu apporter en matière d’éducation populaire et de culture, aux jeunes issus des milieux ouvriers. C’est une histoire que je ne connaîs pas, mais c’est ce que j’ai cru comprendre. A l’époque, il était déjà critique à la quinzaine littéraire de Maurice Nadeau. LE PAIN AUX ALOUETTES doit être le premier recueil de Gérard Noiret, publié aux éditions Temps Actuels (146, rue du fg-Poissonnière 75010 Paris) dans la collection Petite Sirène. Il s’agit de livres de petit format, mais comme l’avait soufflé Vénus « grand par le cœur ». Cette collection avait déjà publié de très grands poètes comme Maïakovski, Yannis Ritsos, Tristan Tzara, Aragon, mais aussi Charles Dobzynski, Lionel Ray, Jean L’Anselme ou Jean Marcenac. C’est une très jolie collection de poésie. Et c’est un véritable honneur que d’y publier. C’était donc très bien et important pour Gérard. Le travail qu’il a commencé là (un peu comme les « prophéties » de Serge Pey) n’est pas un accident de parcours. On y trouve le sens qu’il veut donner à sa poésie, à la poésie. Le titre de la partie qui l’illustre le mieux est « Aux extrêmes du banal ». G Noiret partage avec ces héros de la vie quotidienne loin des sunlights, mais proches des lampadaires, des clôtures, des terrains vagues, des gares de banlieue et des transformateurs électriques, la fatigue et le côté le plus exténué de la parole. (En cela, Lou Raoul lui ressemble, même avec l'écart sociologique de ceux qui les intéressent) Mais il parle, ou plutôt il écrit et en se colletant avec la syntaxe, avec laquelle il lui paraît indispensable de rompre politiquement, quitte à paraître parfois alambiqué, et il se bat et bat le briquet de la petite lumière qui luit dans le hall des HLM aux ampoules brisées. Sa dénonciation est intérieure : il témoigne en éreintant la langue, comme l’exploitation de l’homme par l’homme use jusqu’à la corde ceux qui, à la gare, comme les travailleurs de nuit "trouvent échoué leur paysage Ils boutonnent leur simili cuir mais à quoi attribuer l’interminable courant d’air sinon à la dépression créée par l’insomnie ? Les antennes sur les toits persistent : des nerfs arrêtés "

»

J’ai conservé le livre dédicacé : « Pour Bernard, cette marche d’un escalier que nous ferons monter, mais dont nous ignorons tout, ses détours, ses inclinaisons, les pas qui le hantent-Gérard »

LE PAIN AUX ALOUETTES

Temps Actuels 1982

ISBN 2-201-01572-4

1 : L'affiche de Sylvie et Joël Jupin ;2 : Patricia Martineau, Christian Gorelli, Bernard Gueit en 1983 au Palais des Congrès et de la Culture, Le Mans;Bernard Gueit avec Raymond Boni, dans l'ombre au centre Paul Courboulay, au Mans,Bernard Gueit et Philippe Duchemin, au piano.
1 : L'affiche de Sylvie et Joël Jupin ;2 : Patricia Martineau, Christian Gorelli, Bernard Gueit en 1983 au Palais des Congrès et de la Culture, Le Mans;Bernard Gueit avec Raymond Boni, dans l'ombre au centre Paul Courboulay, au Mans,Bernard Gueit et Philippe Duchemin, au piano.
1 : L'affiche de Sylvie et Joël Jupin ;2 : Patricia Martineau, Christian Gorelli, Bernard Gueit en 1983 au Palais des Congrès et de la Culture, Le Mans;Bernard Gueit avec Raymond Boni, dans l'ombre au centre Paul Courboulay, au Mans,Bernard Gueit et Philippe Duchemin, au piano.
1 : L'affiche de Sylvie et Joël Jupin ;2 : Patricia Martineau, Christian Gorelli, Bernard Gueit en 1983 au Palais des Congrès et de la Culture, Le Mans;Bernard Gueit avec Raymond Boni, dans l'ombre au centre Paul Courboulay, au Mans,Bernard Gueit et Philippe Duchemin, au piano.
1 : L'affiche de Sylvie et Joël Jupin ;2 : Patricia Martineau, Christian Gorelli, Bernard Gueit en 1983 au Palais des Congrès et de la Culture, Le Mans;Bernard Gueit avec Raymond Boni, dans l'ombre au centre Paul Courboulay, au Mans,Bernard Gueit et Philippe Duchemin, au piano.

1 : L'affiche de Sylvie et Joël Jupin ;2 : Patricia Martineau, Christian Gorelli, Bernard Gueit en 1983 au Palais des Congrès et de la Culture, Le Mans;Bernard Gueit avec Raymond Boni, dans l'ombre au centre Paul Courboulay, au Mans,Bernard Gueit et Philippe Duchemin, au piano.

Le recueil de Benedetto publié par Parole (J'avais signé le bon à tirer final, Gorelli étant en vacances) C'est dans ce recueil qu'a été publié le "Poème pour un marcheur 1975" que Jacques Brémond a republié en 2011 dans le bouquin "Avignon, suite et autres poèmes" (J Brémond fait référence à la puiblication par Parole en 1983)  l

Le recueil de Benedetto publié par Parole (J'avais signé le bon à tirer final, Gorelli étant en vacances) C'est dans ce recueil qu'a été publié le "Poème pour un marcheur 1975" que Jacques Brémond a republié en 2011 dans le bouquin "Avignon, suite et autres poèmes" (J Brémond fait référence à la puiblication par Parole en 1983) l

Le premier numéro de Parole où Christian Gorelli avait publié mon poème

Le premier numéro de Parole où Christian Gorelli avait publié mon poème

La 4ème de couverture de Parole numéro 9

La 4ème de couverture de Parole numéro 9

Parole numéro 11

Parole numéro 11

La 4ème de couverture du numéro 11

La 4ème de couverture du numéro 11

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