Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Olivier Larronde, poète maudit

OlarrondeL’expression « Poète maudit » empruntée à l’ouvrage de Verlaine « les Poètes Maudits » désigne aujourd’hui un poète dont le talent d’accès difficile a été incompris de ses contemporains, puis reconnu post mortem, et qui a rejeté les valeurs de la société en se conduisant d’une manière provocante, dangereuse et autodestructrice.

Font partie de cette lignée, Verlaine, Villon, Nerval, Baudelaire, Lautréamont, Mallarmé, Artaud, et quelques autres dont Olivier Larronde.

Rien, pourtant, ne prédestinait celui-ci à ce destin hors normes. Il naît en 1927 dans une famille bourgeoise. Le père est journaliste, critique littéraire, poète, et la mère, un peu fantasque, est férue de parapsychologie Les première années du jeune Olivier sont heureuses, passées en compagnie d’une sœur cadette très aimée.

Et puis, dans cet édifice heureux se glisse une faille : le père meurt dans la débâcle de 1939, suivi par la brillante petite sœur qui disparaît à quatorze ans.

Olivier, très affecté, est pris en charge par son grand-père à Saint Leu, et poursuit ses études dans un collège de frères maristes dont il supporte si mal l’instruction qu’en classe de troisième, il décide d’en rester là et il écrit à sa mère : « …absolument incapable d’assimiler sans vomissement ce tissu de monstruosités et de balourdises qui forment l’enseignement classique que je ne peux ni ne veux accepter la moindre transaction avec mes convictions, mes sensations, la moindre transaction avec moi-même… »

De retour à saint Leu, ce cancre de génie se nourrit des grands poètes, en assimile la quintessence et il écrit les premiers textes de son recueil, les barricades mystérieuses.

À l’âge de seize ans, il décide malgré une grande timidité, de se rendre à Paris,et fait la connaissance de Cocteau qui le décrit ainsi : « … Ce sourd, cet aveugle, ce boiteux, retrouve dès qu’il récite ses poèmes un incroyable aplomb.Un élément animal le transfigure et provoque sa métamorphose. : voilà que cet inapte, noué de fond en comble, se dénoue, parle, voit, écoute, bouge ses mains et ses pieds avec l’aisance que provoque le songe…Il me semble difficile d’imaginer un meilleur exemple de ce dramatique porte-à-faux, de cette grâce qui expose celui qui la possède à la pire des solitudes… »

Par l’intermédiaire de Cocteau, il rencontre Jean Genet qui le présentera par la suite, en fin d’année 1944, à son éditeur Marc Barbezat, et c’est celui-ci qui éditera son premier ouvrage aux éditions de l’Arbalète.

Cette publication va contribuer à le faire connaître du milieu littéraire parisien et susciter l’attention d’écrivains consacrés comme Michel Leiris, ou Raymond Queneau.

Le jeune poète parvenu à un sommet va désormais en descendre peu à peu la pente en compagnie de son compagnon Jean-Pierre Lacloche. Ils mènent une vie de dilettante fréquemment cassée chez Larronde par des crises d’épilepsie récurrentes qu’il tente de soulager par l’opium.

Il va ensuite abandonner peu à peu l’écriture et troquer la pipe pour la bouteille de rouge suivant là l’inéluctable chemin d'épines qui le mènera au cimetière de Samoreau où il repose depuis 1965 à côté de la tombe de Mallarmé.

Sources : La pierre et le sel

 

Olivier Larronde, les barricades mystérieuses
Olivier Larronde, les barricades mystérieuses
Olivier Larronde, les barricades mystérieuses
Olivier Larronde, les barricades mystérieuses
Olivier Larronde, les barricades mystérieuses
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :