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Je ne lui trouve de parent en littérature que William Burroughs.
BG

Jeudi, 7 Mai, 2015

JAMES ELLROY, UN BIG BAND À LUI TOUT SEUL

Le romancier américain était de passage à Paris pour présenter Perfidia, le premier tome de son second " quatuor de Los Angeles ". Nous l'avons rencontré dans un hôtel de la rue Dauphine où il a ses habitudes. Entretien.

 

James Ellroy a les aspects d’une rock star, la ponctualité en plus. Il est arrivé à quinze heures précises. Quelqu’un l’a appelé par son surnom « Hello Dog » et Ellroy a aboyé. L’atmosphère était plus détendue que ce que sa légende d’écrivain provocateur ne le suggère. Il a précisé qu’il connaissait l’Humanité.

Avant d’aborder votre œuvre, et en particulier Perfidia, pouvez-vous revenir sur votre début dans ce monde. Pour le dire simplement, l’écriture faisait-elle partie de votre enfance ?

JAMES ELLROY Oui, si l’on considère que mon père m’a appris à écrire. J’avais trois ans et demi. Sinon, vous savez, j’allais à l’église. J’allais à l’école. Et puis, je me suis fait virer de cette école. Bon, je me suis engagé dans l’armée et, pareil, au bout d’un temps, jeté. Alors, je suis revenu à Los Angeles, d’où on ne se fait pas virer. Assez vite, je suis devenu un criminel à la petite semaine. De petite envergure. J’ai fini par être incarcéré dans une prison du comté, c’est-à-dire pour des délinquants mineurs. Là, j’ai lu. Beaucoup. Je me suis plongé dans des romans policiers, des romans noirs. Je lisais aussi des biographies et je me suis intéressé à ce que l’on appelle aux États-Unis les « True Crime », des livres qui relatent toutes sortes de faits divers.

Vous dites que l’écriture vous a sauvé…

JAMES ELLROY Enfin… pour être précis, Dieu m’a sauvé d’une vie que l’on pourrait qualifier de marginale, et l’écriture m’a donné quelque chose à faire. Elle a mis fin au désœuvrement. Elle est devenue mon but. Je n’ai pas de diplôme, je ne suis pas sorti d’un lycée. Mon unique éducation, je me la suis faite en devenant un lecteur. De toute façon, je n’ai jamais souhaité faire autre chose que ça, écrire.

Comment avez-vous décidé de développer une nouvelle quadrilogie de Los Angeles et pourquoi l’avoir située à cette période-la ?

JAMES ELLROY C’est radical. Un flash. Un soir, j’étais à ma fenêtre. Je regardais dehors et j’ai été submergé par une vision – des Japonais embarqués et entassés dans un camion par l’armée américaine puis mis en détention dans des camps. Ce fut net. De manière quasi instantanée l’idée de ce deuxième volet s’est imposée. Une histoire où les personnages de la première quadrilogie, mais aussi certains de la trilogie Underworld USA se confronteraient, tous beaucoup plus jeunes, au moment où les États-Unis entrent dans la Seconde Guerre mondiale à la suite de l’attaque de Pearl Harbour. Je savais qu’il contiendrait huit cents pages et qu’il s’intitulerait Perfidia. Tout était là. Une vision implacable.

Est-ce toujours ainsi ?

JAMES ELLROY Ce n’est pas la première fois que ce genre d’inspiration envahit mon être. Au cours de l’écriture du Dahlia noir, je travaillais à mon bureau et la vision de LA Confidential m’est apparue. Tout y était en place, dans une globalité presque effrayante, le récit, les personnages, la structure. Ce jour-là, j’ai saisi quelque chose de fondamental en tant qu’écrivain. Au-delà des images qui m’arrivent, j’ai senti que je possédais la force de les exécuter. Toutes les idées qui sortent de mon imagination, je suis capable de les réaliser. J’ai compris ça à ce moment-là. Ce ne sont pas de simples fantasmes, c’est une certitude en moi de pouvoir les écrire. Ceci dit, soyons clairs, je n’attends pas que les choses me tombent dessus toutes cuites. Je travaille. Je fais tout ce qu’il faut faire et je me donne les moyens de ce travail. I don’t wait for anything.

Pouvez-vous nous parler du personnage de Kay Lake et du choix de son mode narratif, le journal intime ? Ce n’est pas la première fois que vous le rattachez aux femmes, je pense surtout à la trilogie Underworld USA ?

JAMES ELLROY Oui, mais le journal intime de Kay Lake recèle ceci de singulier dans Perfidia qu’il est son son seul mode d’expression. C’est une forme unique accordée à ce personnage, et c’est la première fois que je le fais comme ça. Dans ce roman, Miss Kay Lake n’apparaît qu’au travers de son journal. Elle ne s’exprime pas autrement. En quelque sorte, il est sa seule voix. Dans le prochain volume, je continuerai pour ce personnage avec cette forme et je peux dire que cela sera le cas pour toute la fresque. Le journal intime permet d’aborder la société et les protagonistes qui la constituent de façon plus sensible, plus consciente. Et cette conscience lucide du monde est une qualité plus féminine que masculine. Pour moi, les plus grands auteurs de journaux intimes sont des femmes.

Est-ce comme Dos Passos…

JAMES ELLROY Non, je n’aborde pas Dos Passos. On m’en parle trop souvent. Et, je le répète encore, je ne l’ai jamais lu, je n’ai jamais ouvert un de ces livres.

Je ne cherchais pas la comparaison… Alors, disons, votre œuvre est-elle une tentative d’écrire un mythe littéraire américain ?

JAMES ELLROY Vous savez, mon ambition est d’écrire une histoire semblable à l’histoire réelle en lui imprimant de la fiction. La réalité, c’est l’attaque des Japonais sur Pearl Harbour et la manière dont ils furent traités ensuite par les Américains. Autour de ces faits, j’invente entre autres le massacre d’une famille japonaise, j’entrecroise mes personnages fictifs et réels comme Dudley avec Bette Davis. Tout et tous s’orchestrent dans un même temps, celui de la guerre. Ce qui compte avant tout, c’est de rendre les coutures invisibles. La vraisemblance se trouve dans la maîtrise de ces deux pôles, le réel et la fiction.

Estimez-vous que votre écriture évolue ?

JAMES ELLROY Depuis le Dahlia noir, oui, je pense que mon style s’est sophistiqué. L’intention s’est précisée. Je m’attache, chaque fois un peu plus, à la langue. Je la cherche dans toutes ses formes et au fur et à mesure du temps, elle s’est organisée. Mon écriture est plus concise et permet une plus grande complexité. La différence majeure avec Perfidia par rapport à mes autres romans se situe plutôt sur la notion du temps puisque ici je l’ai comprimé sur quinze jours. J’ai fait un travail de documentation plus important aussi. Et je donne une plus grande part au monologue, donc à une plus grande émotion.

Le présent vous inspire-t-il ?

JAMES ELLROY Non, ou si peu. Je vis dans ma tête. C’est mon imagination qui me provoque. Mes souvenirs me font faire tant d’allers-retours ! Bien sûr, l’Histoire me passionne. Je lis beaucoup de choses sur différentes périodes. Je cherche des personnages, je scrute les anecdotes et les faits qui pourraient m’inspirer. Pour moi, la Seconde Guerre mondiale et l’arrivée en guerre des États-Unis sont cruciales. Ainsi, l’attaque de Pearl Harbour jusqu’à la reddition du Japon en 1945 reste une matière d’une richesse incomparable. Je ne trouverais pas meilleure densité.

Vit-on mieux, selon vous, avec les fantômes du passé qu’avec ceux de l’avenir… ?

JAMES ELLROY L’histoire c’est le passé, ce sont des fantômes. Les photographies dans les livres d’histoire fixent ce passé. Les acteurs de cette histoire sont presque tous morts. J’utilise ces personnalités sans aucune crainte, il n’y a aucun danger et pas de procès non plus à venir. Dans Underworld USA, j’ai fouillé, travaillé sur des documents en toute tranquillité. On « enquête » mieux sur des choses survenues et en quelque sorte éteintes. Je ne veux pas parler d’aujourd’hui. Cela ne m’intéresse pas. Je reviens en arrière. On se sent moins perdu avec les fantômes.

Pourtant, vos premiers romans noirs se déployaient dans le présent ?

JAMES ELLROY C’est vrai, oui. Mais, de toute évidence, j’explore et j’ai trouvé une forme meilleure.

De quoi a besoin James Ellroy pour écrire ?

JAMES ELLROY De la solitude. Sinon, mon bureau, le calme, une réserve de papier, mes feutres. 

 

Source : l'Humanité

 

Entretien réalisé par 
Genica Baczynski
 

James Ellroy Glossary

AUGUST 30, 2017

In this post our Guest Writer Jason Carter excavates and restores an early companion to the Demon Dog’s work:

James Ellroy has one of the strongest commands of language of anyone I’ve ever encountered, writer or otherwise.  I’ve often said that the Demon Dog has personally taught me more about the English language than anyone else.  This is partly why I refer to Ellroy unequivocally as my greatest teacher.

I met Ellroy for the very first time, during the Denver stop of his Blood’s A Rover tour in October, 2009, at the Tattered Cover, an iconic independent Denver bookstore.  Introducing Ellroy that night, the bookstore’s manager explicitly said that “there are many of us here at the store who believe [Mr. Ellroy] is one of the greatest writers of prose… ever.”  (You can listen to a podcast of this introduction, plus Ellroy’s wild presentation that night here)

In Reinhart Jud’s 1993 documentary Demon Dog of Crime Fiction, Ellroy acknowledges that his Lloyd Hopkins trilogy (Blood on the Moon, Because The Night, Suicide Hill) taught him the rudiments of writing, in spite of how emotionally unsatisfying those novels were for him.  With his L.A. Quartet novels and a personal challenge to make every successive novel “richer, darker, deeper, more sexed-out, weird and redemptive”, Ellroy would begin his transcendence of linguistic boundaries, and eventual vast expansion of the vocabularic capabilities of language.

Part of this complexity came about, as many discoveries do, as a byproduct of necessity.  When Ellroy submitted an 800 page manuscript for L.A. Confidential, his editor asked the Demon Dog to shorten it by 100 pages.  Most writers would accomplish this by eliminating a subplot, or even a character.  Ellroy instead focused on the book’s language and narration, cutting away unnecessary words, and stripping L.A. Confidential down to a hyper-kinetic shorthand that greatly accelerated the novel’s pace, and ultimately excised more than 200 pages from the original manuscript.

The first draft of White Jazz, written in a normal first person perspective, read flabby and excessive.  Ellroy applied his elimination technique to the L.A. Quartet’s concluding volume even more stringently than before, and thus created, in his estimation, “the perfect fever-dream voice for [White Jazz’s narrator] Dave ‘the Enforcer’ Klien”.

The 2001 publication of The Cold Six Thousand would push Ellroy’s manic shorthand to its absolute apex, with each sentence stripped to its essence.  The effect is simplistic in its singularity, yet at nearly 700 pages in hardcover, pugilistic and densely baroque in its totality.  In Ellroy’s 2010 memoir, The Hilliker Curse, he says of The Cold Six Thousand, “I wanted to create a work of art both enormous and coldly perfect… I wanted readers to know that I was superior to all other writers,” while later acknowledging the severe “ass kicking” he and the book received from critics.

The Cold Six Thousand, like many of Ellroy’s latter works, is highly rhetorical, and demands to be read aloud.  When I worked in broadcasting several years ago, I would always read an Ellroy chapter or two aloud as a vocal warm-up before my radio show, or even for a long day of recording voice overs for commercials.  I wish I had recorded these Ellroy-fueled warm-up sessions; they were quite hilarious.

If you’ve ever seen Ellroy read his work for an audience, you know the Demon Dog practically bellows each sentence.  This is primarily because the books themselves are so graphic, in language and content, that to read them in anything but the most powerful tone possible would be a severe and disingenuous injustice.  The language is itself an indispensable main character.

A classical music fanatic, Ellroy has infused all his novels with more than a respectful hat tip to his icons, particularly Beethoven.  I would easily place Ellroy among a lineup of virtuosos—literary, musical and artistic alike—including Nicolo Paganini, Franz Liszt, Anthony Burgess, Hieronymus Bosch, James Joyce, Art Tatum, and more contemporarily, John Petrucci and Steve Vai.  In fact, I once described the Demon Dog to a friend as “crime fiction’s Beethoven painted by Hieronymous Bosch, as told to James Joyce, if all three were tossed into a blender and mixed on frappe.”

Chip Kidd, who has designed the cover art for all of Ellroy’s Alfred A. Knopf-published work, described the Demon Dog as “Mickey Spilane with a master’s degree…except I know that James doesn’t have a master’s degree.”

Introducing Ellroy at the Mystery Writers of America’s 2015 Grand Master ceremony, Mysterious Press owner and early Ellroy mentor Otto Penzler said the Demon Dog’s prose style “is so original, and so powerful, that I wouldn’t hesitate to call [Ellroy] the most influential American writer of the last quarter century.”

Ellroy himself has defined his distinctive style as a “heightened pastiche of jazz slang, cop patois, creative profanity and drug vernacular” with a specific employment of period-appropriate slang.  Ellroy elaborated on this in a 2010 interview with TIME Magazine:  “I love the hard-boiled school of language,” Ellroy said.  “I love scandal language, chiefly alliteration.  I love racial invective, I love Yiddish.  I love language that is vulgar, that lives on the page.”  Anyone who’s experienced an Ellroy novel can certainly confirm that the Demon Dog’s writing is as alive as a rabid pit bull.

The now-defunct fan site Ellroy.com, accessible via the Internet Archive Wayback Machine includes a decent glossary of the countless abbreviations and colloquialisms that abound in the Demon Dog’s cannon.  I’d come across this list years ago when the site was still active.  Not long ago, I gave Ellroy a printed copy at one of his Denver film screenings.  The list is not comprehensive, but it is to date the only Ellroy glossary I’ve ever seen.  Also, it’s more beneficial to have it here than relegated to the infinite ash pile of forgotten web pages.

And, this list is arguably one of the first published companions to Ellroy’s work—predating the efforts of both Peter Wolfe and Jim Mancall.  Overall, a helpful component to understanding Ellroy’s complex and engrossing literary style.

 

Feel free to riff on—and possibly expand—this collection.

Here it is, hepcats:

 

A
ADW-Assault with a Deadly Weapon.
ASAC-Assistant Special Agent in Charge.
B
B&E-Breaking and Entering.
Bad Back Jack-John F. Kennedy.
bagman-a person who collects, carries or distributes illegal payoff money.
bailiwick-jurisdiction.
Beard, The-Fidel Castro.
beef-criminal charge.
Big H-heroin.
Big Q-San Quentin Prison.
(the)big nowhere-death.
blue-a uniformed cop.
bomb-to move quickly.
bombed-drunk.
bonaroo-cool.
bootjack-steal.
boost-steal.
brace-to stop someone for questioning.
brass hat-high-ranking police officer.
bubbkis or bupkis-nothing.
bull-cop.
bullet-one year of prison time.
buttonhole-to grab someone.
C
CO-Commanding Officer.
cheaters-eyeglasses.
chickenhawk-child molester.
cipher-loner.
clout-steal.
collar-conviction.
conk-head or hairdo.
D
DL-Driver’s License.
DT’s-symptoms of alcohol withdrawal (delerium tremens).
dagger-butch lesbian.
ding-mentally ill prisoner.
dink-drug dealer.
Dracula-Howard Hughes.
E
F
FI-Field interview. Police reports regarding the questioning of potential suspects.
finger-a witness prepared to testify against a suspect.
filch-to steal.
firebug-arsonist.
fish-dead body.
4F-draftee rejected for being physically unfit.
(the)fourth estate-the press.
from hunger-very bad or inept.
fur book-pornography.
G
ganef-theif (from the Yiddish)
gash-woman or women (in sexual context).
gelt-money.
glom-pick up; perceive.
goat-caddy.
grok-accuse.
GTA-grand theft auto.
gunsel-armed criminal.
H
(the)Haircut-John F. Kennedy.
Hat Squad (the Hats)-Homicide Division.
harness bull-a uniformed cop.
heister-armed robber.
highball-v. to move quickly. n. a mixed drink; cocktail.
hinky-suspicious.
hink (to)-to become aware of.
hop-a narcotic drug; esp. opium
HUAC-House Un-American Activities Committee.
hype-Heroin addict.
I
IA or IAD-internal affairs department.
J
jack-money.
jacked-high on drugs.
jacket-reputation or police record.
jaw-talk.
jocker-male prostitute.
juice-power.
juicehead-alcoholic.
juke-insult or kill.
K
KA-known associate
kibosh-to put an end to.
kipe-steal.
knosh or nosh-eat.
L
lamster-fugitive from the law.
lox-low brow film.
lubed-drunk.
M
ME-Medical Examiner.
Mickey Finn-a drink of liquor doctored with a purgative or a drug.
MO-Modus Operandi.
N
NMI-No Middle Initial.
O
187-murder.
P
pills-bullets.
PFC-Private First Class.
PO-probation officer.
Q
qt-short for quiet.
quail-attractive woman.
quiff-gay man.
R
raisinjack-potent alcoholic brew made of fermented rasins.
rebop-bullshit.
R&I-;Records and Information department.
roscoe-gun.
roundheels-a promiscuous woman.
roust-arrest.
S
SAC-Special Agent in Charge.
SID-Scientific Investigation Division.
SOP-Standard Operating Procedure.
SRO-Standing Room Only.
sawbuck-ten dollars.
schtup-have sex with.
schvantz-penis.
scoot-a dollar.
scrape-an illegal abortion.
scratch-money.
shakedown-to exort money from.
shill-a person who praises or publicize something or someone for reasons of self-interest.
shitbird-a contemptible person
snarf-eat.
snatch job-kidnapping.
snuff-murder.
sosh-rich kid.
statch-statutory rape.
strung-addicted to heroin.
sub rosa-secret.
swish-gay man.
T
tomato-woman.
toss-search.
trigger-a hired killer.
trotters-horse races.
twist-a woman.
U
V
W
wet arts-politically motivated murder.
X
Y
YA-Youth Authority.
Z
zorched-Intoxicated.

Sources : The Venetian Vase

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Tag(s) : #America, #Crime, #Los Angeles

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