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Après l'intention qui débute le poème et qui en expose la motivation, voici les pages écrites récemment de mon Monument aux Mots pour la France, grande fresque en cours d'écriture et de ratures.

Le cours de géographie

Dans la classe
les grandes cartes de géographie
représentent la France métropolitaine

avec en bas à droite
La Corse enfermée
dans un espace

rien que pour elle
et aux abords
le début

des pays frontaliers
En guerre en paix
en guerre et paix

en guerre en paix
jusqu’à l’Europe
cette utopie

qui voudrait mettre fin
aux batailles sanglantes
par la coopération

d’abord à six
économique et politique
et qui bientôt

à Rome
va se doter d’un marché commun
en 1957

J’avais 6 ans
je ne laisserai
personne dire

que ce n’est pas
le plus bel âge
de la vie

Sur les cartes
on verra  écrit
le nom des anciennes provinces

ïle de France
Bourgogne
Maine Saintonge
 

Orléanais Poitou
et celui des départements
Loire-inférieure

Seine et Oise
Finistère
Bouches-du-Rhône
 

En couleur
pour montrer le relief
et ce sera

les Alpes
les Pyrénées les Vosges
Le massif central
 

Un grand costaud
au milieu de la France
comme un chêne

au centre de la forêt
et sur les bords de la carte
à gauche

du bleu du bleu du bleu
une ligne découpée
la côte

dévorée par la mer
plus turbulente à l’Ouest
semble-t-il

qu’en bas
où sa caresse
se fait tranquille

La France c’était le monde
immense
à l’échelle petite
 

Et nous
comment nous situer sur la carte
du nord au sud

de Calais à Toulon
du vent qui nous
cinglait de sable

sur la plage
au ciel bleu
refusant de mourir
 

La France
était cette carte fragile
aux paysages

anciens
pétris d’histoire
qui avaient vu

passer au gué des ruisseaux
tant de marchands
tant de manants

tant de soldats
et tant de soleils se lever
ces paysages

apparemment immuables
façonnés et préservés
par l’homme
 

conservaient dans leurs entrailles
les traces des anciens mondes
et les secrets des civilisations

l’intuition
qu’il y avait tant de profondeurs
derrière ces cartes

et que même la Durance
qui nous fut familière
le Gapeau

devaient être des rivières sacrées
tant elles coulent
à côté du temps

qui disparaît
dans la mer
quand elles-mêmes

ressuscitent
à chaque instant
sous nos yeux

On apprenait par cœur
des choses
et nous les savions vraies

Les fleuves les vents
les longueurs les altitudes
les grandes villes

les préfectures
le nombre d’habitants
et les superficies

il y avait cette description
objective de la France
et l’émotion

qui nous prenait parfois
devant l'image
de la falaise d'Etretat.


 

Le cours de géographie
Tag(s) : #Poème

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